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Finance

Wirecard : l’étau se resserre autour du gouvernement allemand



Wirecard a beau être sorti du Dax de façon anticipée en plein coeur de l’été, sa faillite retentissante en juin risque de ternir la rentrée du gouvernement allemand. Alors que le patron de l’ancienne star allemande des paiements, Markus Braun, est retourné en prison avec deux autres anciens cadres du groupe, et que le numéro deux, Jan Marsalek, est toujours en cavale, les députés de la commission des finances du Bundestag auditionnent lundi et mardi une ribambelle de responsables des autorités de surveillance mais aussi des collaborateurs de la chancelière et sa ministre de la justice Christine Lambrecht.

Si ces auditions ne suffisent pas à identifier clairement les failles à l’origine de ce scandale financier digne d’un polar , les députés pourraient exiger la création d’une commission d’enquête parlementaire. « Ce ne sera pas bon pour Angela Merkel et Olaf Scholz », son ministre des finances et candidat des sociaux-démocrates à la chancellerie en 2021, garantit le député d’extrême gauche (die Linke) Fabio De Masi.

Soupçons de collusion

Face à la réticence de l’exécutif lors des précédentes auditions en juillet à faire toute la transparence sur son rôle dans ce scandale, l’élu se fait peu d’illusions sur ces auditions. « Elles vont nous permettre de recueillir des éléments de contexte mais les points clefs de l’affaire ne seront pas éclaircis, anticipe Fabio De Masi. Seule une commission d’enquête nous permettra d’obtenir les documents essentiels ».

Une conviction partagée par le député libéral (FDP) Florian Toncar qui compte pourtant mettre sur le gril lundi Lars-Hendrick Röller, le conseiller économique d’Angela Merkel, et Johannes Geismann, son secrétaire d’Etat en charge des services secrets. L’intercession de la chancelière en faveur de Wirecard auprès des autorités chinoises lors d’un voyage en septembre 2019 alimente particulièrement les soupçons de collusion. Quelques jours avant, elle avait rencontré son ancien ministre de la défense devenu lobbyiste de la société de paiement, Karl-Theodor zu Guttenberg.

Des signaux d’alarme restés lettre morte

Un entretien longtemps resté secret. Lors de sa conférence de rentrée vendredi, Angela Merkel a observé qu’il n’était pas anormal de soutenir un acteur du Dax. « Je pense que nous avons agi de manière responsable en fonction de l’état des connaissances du moment », a-t-elle assuré. Les députés de l’opposition soupçonnent au contraire la chancelière et son gouvernement d’avoir fait preuve d’aveuglement alors que les alertes pour blanchiment d’argent s’étaient multipliées.

Wirecard : autopsie d’un scandale financier

En 2017 déjà, la cellule de renseignement financier (FIU) rattachée au ministère des finances avait ainsi reçu un millier de déclarations de transactions suspectes liées à Wirecard. Le manque de réactivité des autorités de surveillance sera au coeur de la session de mardi pour laquelle le président du gendarme financier allemand (BaFin) Felix Hufeld sera présent, aux côtés de représentants de la Banque centrale allemande mais aussi des Länder de Hesse et de Bavière impliqués dans une supervision qui ressemble a posteriori à un gruyère.

Il faudrait un petit miracle pour que nous obtenions suffisamment de réponses

« Il faut aller jusqu’au bout de ces auditions pour connaître l’étendue des questions sans réponses et ce que l’on veut savoir exactement. Mais il faudrait un petit miracle pour que nous obtenions suffisamment de réponses. La mise en place d’une commission d’enquête apparaît de plus en plus probable », estime un collaborateur de la députée des Verts Lisa Paus. En rejoignant le FDP et die Linke, les écologistes permettraient de fait d’atteindre les 25 % de voix nécessaires à la création d’une telle commission.



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