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Economie

Wordle, le jeu de lettres qui a conquis les internautes


Grâce au bouche-à-oreille, ce jeu qui n’avait pas vocation au succès s’approche des 3 millions de joueurs quotidiens. Des déclinaisons françaises ont vu le jour.

Impossible de les rater sur les réseaux sociaux. Depuis deux semaines, de mystérieux messages composées de carrés noirs, jaune et vert envahissent les fils d’actualité.

Derrière ces intrigantes publications se cache le phénomène de ce début d’année : Wordle. Parti de 80.000 joueurs par jour en novembre, ce jeu est passé à 300.000 début janvier et s’approche désormais des 3 millions.

Rien pourtant ne destinait ce projet à devenir viral. Wordle a été conçu courant 2021 par l’informaticien Josh Wardle pour amuser sa conjointe, fana des jeux de lettres du New York Times. Sa mécanique n’est pas sans rappeler celle du jeu télévisé Motus, qui a été diffusé durant près de 30 ans sur France 2. Le joueur de Wordle a six essais pour deviner un mot de cinq lettres. Le jeu indique les lettres bien placées et celles qui ne le sont pas.

Le site de Wordle est volontairement épuré Capture d’écran

Wordle n’a rien de commun avec les jeux mobile d’aujourd’hui. Il en est même l’antithèse. Ce n’est pas une application : le jeu est hébergé sur un site personnel de Josh Wardle. Il n’affiche pas de publicités, ne comprend pas d’options payantes, et ne cherche pas à retenir l’attention du joueur à coups de jauges à remplir, de diamants à gagner et de notifications. Et il n’y a qu’un seul mot à deviner par jour, le même pour tous les joueurs. «J’ai fait tout ce qu’il ne faut pas faire si vous cherchez la croissance. Et ce sont ces choix qui font la popularité du jeu», s’étonne le développeur chez TechCrunch.

Josh Wardle a partagé son jeu auprès de sa famille britannique et d’amis américains. Par bouche-à-oreille, le site web arrive jusqu’à un journaliste du New York Times, qui l’évoque dans une newsletter en novembre. La machine s’emballe. Mais c’est la fonction de partage sur les réseaux sociaux qui va véritablement propulser le jeu. Les mystérieux carrés représentent la grille de Wordle complétée par l’internaute, mais sans les mots. Il peut ainsi se vanter de sa performance sans révéler la solution de l’énigme du jour. Ce format intriguant a poussé d’autres internautes à se renseigner sur Wordle, et à tester le jeu.

Des déclinaisons françaises

Le phénomène est arrivé en France mais avec un handicap de poids : Wordle est en anglais. Pour «apporter une solution à ceux qui veulent jouer en français», Louan Bengmah, 21 ans, a publié lundi sur son site personnel Le Mot. «J’ai une chaîne Twitch où je parle de développement web, et je me suis dit que c’était un bon petit projet à faire en direct avec ma communauté», qui l’a aidé durant deux jours. «Cela n’aurait pas été aussi vite sans elle, l’ambiance était bienveillante.»

La conception de Le Mot, en direct sur la chaîne Twitch de Louan Bengmah Capture d’écran

Louan Bengmah a respecté l’esprit de Wordle en ne cherchant pas à monétiser Le Mot «pour des raisons éthiques. Je respecte le travail des autres. Josh Wardle a eu une bonne idée, son site est simple, et le partage des résultats sur les réseaux sociaux avec des émojis de couleur, c’est génial. Tout est vraiment parfait.» Le développeur n’a pas installé de tracker pour mesurer le nombre de visiteurs, mais se base sur son compte Twitter @WordleFR pour jauger la popularité de son projet mis en ligne lundi. Il comptait vendredi 2100 abonnés, contre 1500 jeudi.

Jonathan Magano, 30 ans, a lui mis en ligne le 8 janvier le jeu Sutom. «Wordle est inspiré du jeu télévisé Lingo, qui chez nous est devenu Motus. Le concept a évolué avec le temps et les règles se sont complexifiées. J’ai décidé de les reprendre», explique-t-il. Les mots à trouver sont plus longs – de 6 à 9 lettres – et la première lettre est imposée. «Mais j’ai retiré la limite de temps», explique le développeur.

Le code couleur est similaire à celui du jeu télé. «On met dit que ce n’est pas logique que les lettres bien placées soit en rouge, mais c’était comme ça dans Motus», sourit-il. À la demande des joueurs, Jonathan Magano va bientôt ajouter des bruitages semblables à celui de l’émission télé. «J’aimerais bien aussi rajouter la boule noire , mais je ne sais pas encore comment.»

Sutom reprend le même code couleur que Motus Capture d’écran

Des copies opportunistes supprimées de l’AppStore

Sutom a été répéré par des personnalités de Twitch et voit sa popularité croître de jour en jour, avec plus de 30 000 connexions sur le site mercredi. Là encore, le jeu n’est pas monétisé. «J’ai codé ça en quelques heures pour m’amuser et je n’ai rien inventé», explique ce développeur web. «Je sais que des gens seraient prêts à payer pour pouvoir faire une deuxième grille chaque jour. Mais la frustration fait partie de ce jeu. Et surtout, je suis un libriste. Le code source de Sutom est en ligne, les gens peuvent s’en emparer.»

D’autres n’ont pas eu de scrupules. En début de semaine, des copies de Wordle ont envahi les magasins d’applications, avec publicités ou options à 30 dollars pour jouer à autant de grilles que souhaité chaque jour. Apple a fini par sévir et supprimé de l’AppStore ces clones opportunistes. De son côté, Josh Wardle a été approché par des investisseurs. Mais il souhaite garder la tête froide. «Je ne veux pas que Wordle devienne un travail à plein temps», explique-t-il à TechCrunch. «C’était juste un jeu pour ma copine et moi.»





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