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Economie

le japonais Bridgestone va fermer son usine de Béthune qui emploie 863 personnes

Le manufacturier japonais Bridgestone a décidé de fermer définitivement son usine de Béthune (Pas-de-Calais), qui emploie 863 personnes dans la fabrication de pneumatiques pour voitures. Cette annonce a provoqué un choc dans les Hauts-de-France, déjà marqués par les fermetures de Continental dans l’Oise et de Goodyear à Amiens.

Si tu cherches à comprendre ce qui se passe, l’essentiel est simple : Bridgestone explique cette décision par des problèmes de marché jugés structurels. En clair, le groupe estime que l’usine n’est plus viable dans sa configuration actuelle et qu’il doit prendre des mesures lourdes pour préserver l’équilibre de ses opérations en Europe.

L’entreprise dit ne pas prendre cette fermeture à la légère. Elle invoque une surcapacité de production en Europe, une concurrence renforcée des marques asiatiques à bas coûts et la dégradation du marché automobile, accentuée par la crise sanitaire. Dans la pratique, cela signifie moins de volumes à produire, des marges sous pression et des sites industriels fragilisés.

Bridgestone a aussi indiqué vouloir limiter au maximum les licenciements, avec des mesures de préretraite, de reclassement interne ou externe et la recherche d’un repreneur. Pour les salariés, ce type d’annonce change tout : au-delà du choc immédiat, il faut rapidement comprendre ce que le plan social, les possibilités de mobilité et les alternatives concrètes peuvent réellement apporter.

L’annonce a été faite lors d’une réunion extraordinaire du comité social et économique. La fermeture pourrait intervenir à partir du deuxième trimestre 2021. Le gouvernement et le président de la région Xavier Bertrand ont dénoncé la brutalité de cette décision et demandé l’examen détaillé de tous les scénarios alternatifs à la fermeture du site.

Sur le terrain, la nouvelle a été vécue comme une douche froide. Certains salariés disent pourtant voir venir des difficultés depuis longtemps, tandis que d’autres découvrent la fermeture en même temps que le reste du public. Ce décalage entre les signaux internes et l’annonce officielle est fréquent dans les dossiers industriels sensibles.

L’essentiel a retenir : Bridgestone veut fermer son usine de Béthune en invoquant des difficultés structurelles de marché et une surcapacité de production en Europe.

  • Le site emploie 863 personnes et produit des pneumatiques pour voitures.
  • L’entreprise promet des reclassements, des préretraites et la recherche d’un repreneur.
  • La fermeture pourrait intervenir à partir du deuxième trimestre 2021.
  • Les Hauts-de-France subissent déjà plusieurs fermetures industrielles majeures.
  • Bridgestone cite la concurrence asiatique à bas coûts et la baisse du marché automobile.

Les Hauts-de-France fortement touchés

Bridgestone se dit «pleinement conscient des conséquences sociales d’un tel projet et s’engage à mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour définir un plan d’accompagnement adapté à chaque employé». Concrètement, cela veut dire que chaque salarié ne sera pas censé être traité de la même manière : selon l’âge, le poste, l’ancienneté et les compétences, les solutions peuvent varier fortement.

Des reclassements pourraient notamment être envisagés dans les activités commerciales et de distribution du groupe, qui emploient 3500 personnes en France. Dans la pratique, ce type de reclassement n’est jamais automatique : il dépend des postes disponibles, de la mobilité géographique acceptable et des compétences transférables du salarié.

Cette annonce intervient près d’un an après la décision du concurrent français Michelin de fermer son usine de pneus de La Roche-sur-Yon (Vendée), qui employait 619 salariés, ainsi que son site de Bamberg, en Allemagne (858 salariés). Le groupe Continental a par ailleurs annoncé mardi la fermeture de son usine de pneus à Aix-la-Chapelle, en Allemagne, représentant 1800 emplois.

Quant à la région Hauts-de-France, elle a déjà été fortement touchée par la fermeture de deux importants sites de fabrication de pneumatiques : Continental à Clairoix dans l’Oise (683 salariés en 2010) et Goodyear à Amiens-Nord (1143 salariés en 2014). Chacune de ces fermetures a donné lieu à une forte mobilisation syndicale et à de longues procédures judiciaires, ce qui montre à quel point ces dossiers industriels peuvent s’enliser pendant des mois, voire des années.

Le manufacturier japonais, qui revendique le premier rang mondial sur le marché des pneumatiques, promet «un dialogue soutenu avec les représentants du personnel» et «un plan de revitalisation ambitieux pour l’emploi» dans la région. Sur le papier, ce type d’engagement est important ; dans les faits, tout dépendra de la qualité du dialogue social, des solutions de reclassement réellement proposées et de la capacité à attirer un repreneur crédible.

L’usine de Béthune, qui produit des pneumatiques pour l’automobile sous les marques Bridgestone (comme le Bridgestone Turanza T005) et Firestone, connaît des difficultés de longue date. Elle est «la moins performante» parmi la dizaine d’usines du groupe en Europe, affirme la direction. En une décennie, ses effectifs ont chuté de 40%, au même rythme que ses volumes de production dans un marché stable.

Comme Michelin l’an dernier, Bridgestone invoque la concurrence de plus en plus forte des marques asiatiques à bas coûts, notamment chinoises. Le groupe estime que leur part de marché est passée de 6% à 25% entre 2000 et 2018. La crise sanitaire n’a rien arrangé : le marché automobile européen a chuté de près de 40% au premier semestre et devait rester en baisse de 25% sur l’année 2020, frappé par les conséquences de la pandémie de Covid-19.

FAQ

Pourquoi Bridgestone veut-il fermer son usine de Béthune ?

Bridgestone veut fermer son usine de Béthune parce qu’il estime que le site n’est plus viable dans les conditions actuelles. L’entreprise évoque une surcapacité de production en Europe, une concurrence asiatique à bas coûts et un marché automobile fragilisé.

Combien de salariés sont concernés par la fermeture de l’usine Bridgestone de Béthune ?

La fermeture concerne 863 salariés. C’est l’effectif directement lié au site de Béthune.

À quelle date la fermeture de l’usine Bridgestone de Béthune pourrait-elle intervenir ?

La fermeture pourrait intervenir à partir du deuxième trimestre 2021. À ce stade, il s’agit d’un calendrier annoncé comme possible par l’entreprise.

Quelles solutions Bridgestone envisage-t-il pour limiter les licenciements ?

Bridgestone dit vouloir limiter les licenciements autant que possible. Le groupe évoque des préretraites, des reclassements internes ou externes et la recherche d’un repreneur pour le site.

Pourquoi les Hauts-de-France sont-ils particulièrement touchés ?

Les Hauts-de-France ont déjà subi plusieurs fermetures industrielles majeures dans le pneumatique. Les cas de Continental à Clairoix et de Goodyear à Amiens ont laissé une trace sociale et économique durable dans la région.

Que produit l’usine Bridgestone de Béthune ?

L’usine de Béthune fabrique des pneumatiques pour voitures. Elle produit notamment des pneus commercialisés sous les marques Bridgestone et Firestone.

Bridgestone a-t-il déjà connu des difficultés sur ce site ?

Oui, l’usine de Béthune connaît des difficultés de longue date. La direction affirme qu’elle est la moins performante du groupe en Europe et ses effectifs ont fortement diminué en dix ans.

Le site de Béthune peut-il être repris par un autre industriel ?

Oui, Bridgestone dit rechercher un repreneur pour le site. En pratique, une reprise dépendra de l’intérêt d’un industriel, du coût de remise en route et de la viabilité économique du projet.


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