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Jeux / Paris

Jeu vidéo : quand les gamers visent le rétro

L’âge moyen du joueur français est de 35 ans. Avec 25,3 millions d’adeptes en 2011, dont 75% sur consoles, la communauté s’agrandit d’année en année, notamment chez les 35-49 ans. Un climat propice au développement du retrogaming, ces jeux vidéo anciens que l’on ressort en masse de nos cartons. Ou que l’on se précipite d’acheter chez les revendeurs spécialisés.

La plongée dans le monde du retrogaming s’ouvre par un débat. « Il n’y a pas de date officielle de fin, ça dépend des points de vue, explique Thomas Champagne, responsable de la boutique et du site spécialisés Mylo and Chibi. Il y en a pour qui ça s’arrête à la Nintendo 64, d’autres aux prémices de la période 3D. Certains pensent encore que dès qu’un jeu est d’occasion, il devient retro. » Voilà pour le décor de cet insaisissable marché du retrogaming, dont tout le monde s’accorde à dire qu’il « se porte bien », de mieux en mieux même, sans pouvoir le quantifier. Seul indicateur, peut-être, les 163 millions de vues sur les vidéos old school du « Joueur du grenier » sur Internet.

L’analyse de l’évolution de la clientèle fait, elle, l’unanimité : plus nombreuse depuis cinq à dix ans et en voie de rajeunissement. Et pas que des geeks. « Des jeunes ou des plus vieux, pour la culture que c’est devenu ou par nostalgie, explique Valentin Simony, créateur du site france-retrogaming.net et du blog Link-tothepast.com. Les jeunes ont la culture du jeu vidéo et de plus en plus envie d’en connaître l’histoire. »

Globalement, 90% des acheteurs sont des « collectionneurs qui jouent », le reste des « collectionneurs qui ne jouent pas ou très peu ». Mais n’allez pas dire que le jeu vidéo, « c’était mieux avant ». Juste un plaisir différent. Avec un jeu retro, « on a du fun tout de suite, pas de temps de chargement et des jeux plus durs avec une durée de vie plus grande », selon Nicolas, responsable du site retrogaming-collection.fr et gérant de deux magasins dans la région d’Orléans (Loiret).

« Un investissement sur l’avenir »

Et les prix ? D’aucun prétendent que le jeu vidéo rétro est cher. Réponse plus nuancée du côté des vendeurs sur un marché sans argus, régi surtout par l’offre et la demande. « Le prix d’un jeu retro prend entre 15 et 20% par an, rapporte Nicolas de retrogaming-collection.fr. Certains sont vendus à cinquante centimes. Le prix dépend aussi de son état : s’il est dans une boîte, s’il contient sa notice, etc. Un Zelda sans rien sera vendu 29 euros, alors qu’au complet, il peut coûter jusqu’à 100 euros. »

Pour Valentin Simony, « le jeu vidéo rétro se trouve sur différents canaux de distribution –Internet, sites d’enchères-, ce qui contribue à une certaine inflation. De plus, il y a une confusion dans l’esprit des gens : ce n’est pas parce qu’on retrouve une vieille cartouche chez soi que c’est un trésor ». Sans surprise, les professionnels ne partagent pas l’impression de « vol » qu’éprouvent certains acheteurs. « A l’époque, un Dragon Ball Z Hyper Dimension sur Super Nintendo était vendu 550 francs (environ 83 euros), un Virtua Racing sur MegaDrive 699 francs (environ 106 euros) », rappelle Nicolas.

Tout le monde s’accorde à dire que le prix des jeux neufs (+2.3% en 2012) et récents n’a pas d’influence sur l’engouement pour le retrogaming. Et que l’amateur se rassure. A en croire bien des distributeurs, le jeu retro « se revend très facilement auprès des particuliers, notamment les jeux les plus recherchés. C’est aussi un investissement sur l’avenir ».

Si le retrogaming n’est pas forcément « l’avenir » du jeu vidéo, son futur est prometteur. « Il faut juste espérer que la bulle n’éclate pas, explique t-on du coté de retrogaming-collection. Il y a de plus en plus de demande, de plus en plus de vendeurs, le risque étant que les prix montent tellement que les gens n’achètent plus. » D’ores et déjà, le glissement vers une nouvelle génération de jeux rétro se fait sentir. En 2012, les ventes de jeux « génération N-2 » (PlayStation 2, première Xbox…) ont chuté de 69%. Elles ne représentent plus que 1% du marché.

Benjamin Hay
Illustrations N.Kosanovic/M.P.Argall

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