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Finance

Pourquoi les monnaies locales se développent ?

A Brest et dans ses environs, une nouvelle monnaie a fait son apparition en janvier 2012, l’Heol. « Ce n’était pas forcément évident au début d’expliquer, surtout aux commerçants, pourquoi utiliser l’heol. Ce n’était pas naturel pour eux comme pour la population mais nous avons multiplié les réunions d’informations et aujourd’hui nous comptons plusieurs centaines d’utilisateurs », raconte Manuel Prigent, de l’Association de développement de l’économie sociale et solidaire (ADESS) du Pays de Brest, à l’origine du projet.

En France, il y a déjà l’abeille à Villeneuve-sur-Lot, le sol-violette à Toulouse, l’eusko dans le Pays basque, la mesure à Roman… La région Ile-de-France a d’ailleurs lancé un appel à projets, offrant jusqu’à 50 000 euros aux associations participant à la mise en place de ces systèmes. Au niveau mondial, 4 000 monnaies «complémentaires», pour ne pas dire alternatives, auraient cours à ce jour.

A chaque fois l’idée est la même : « notre but est de soutenir les commerçants et les producteurs en favorisant les achats de proximité et les circuits courts pour redynamiser l’économie locale. Nous voulons redonner à la monnaie son rôle initial, à savoir servir à réaliser des échanges. Avec ces monnaies locales, l’argent circule plus vite et il ne sert pas à alimenter la spéculation. Il ne va pas non plus se perdre dans des paradis fiscaux », détaille Manuel Prigent.

« Favoriser les achats de proximité pour redynamiser l’économie locale »

Concrètement, la mise en place est à peu près la même à chaque fois. Des comptoirs d’échange sont installés un peu partout dans la ville pour pouvoir changer ses euros. A Brest, 1 euro = 1 heol. Mais pour favoriser les échanges une décote de 2% est pratiquée si on veut passer d’heols en euros. Cette nouvelle monnaie peut ensuite être utilisée auprès des services publics ou des commerçants membres du réseau. On y retrouve, des salons de sophrologies, de kiné ou de soins esthétiques, différentes boutiques, des bars, des magasins d’alimentation… Claude, de la boutique de jouets Liloudesbois dans la cité bretonne utilise les heols depuis le début : « une fois le projet bien compris, j’ai voulu m’y associer car il correspond à mes valeurs. Pour l’instant les paiements en heols restent marginaux et ne changent pas vraiment ma comptabilité mais l’idée de défense des commerces de proximité me plaît alors on essaye d’en parler aussi à nos clients. A titre personnel je les utilise également pour faire mes courses dans un magasin bio ou quand je vais à ma crêperie préférée ».

Ne pas en faire un gadget pour bobos

A Montreuil en banlieue parisienne, la pêche, clin d’oeil au passé maraîcher de la ville, devait être lancée en octobre. « Nous avons déjà une cinquantaine de commerçants et d’entreprises prêtes à jouer le jeu. L ‘accueil est vraiment positif. Les réunions de sensibilisation ont vraiment été très fructueuses », raconte Bastien Yverneau, à l’origine du projet au sein de l’association Montreuil en transition. « C’est vrai que cette ville a un public plutôt sensible à ces notions d’éducation populaire, d’équité et de critique du système. Mais nous ne voulons pas nous limiter à un public déjà conquis. Plus de 1000 personnes se sont déjà inscrites via l’association. Nous comptons vraiment faire tâche d’huile dans la ville et aux alentours », rajoute-il.
Car le but est bien là. Arriver à ce que tout ce qui est payable en euros le soit en pêches. Et ne pas faire de cette monnaie, à Montreuil comme ailleurs, un gadget pour bobo à n’utiliser que dans quelques boutiques bio. Mais c’est un défi qui n’effraie pas Bastien Yverneau : « nous sommes ambitieux, et nous comptons émettre pour 50 000 euros de pêche. Nous devons continuer à nous faire connaître de la population et des entreprises. Mais plus nous aurons de pêches, plus nous aurons d’utilisateurs ».

Julien Auduc

>> Lire aussi : Lancement du Galléco, monnaie solidaire d’Ille-et-Vilaine

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